Reanimal : un jeu coop horrifique frustrant qui nous a laissés sur notre faim (Avis)

Reanimal est un jeu d’horreur coop des créateurs de Little Nightmares. Belle ambiance et visuels solides, mais contrôles frustrants, bugs bloquants et une fin décevante qui laissent un goût amer.

· 8 minutes de lecture
Reanimal : un jeu coop horrifique frustrant qui nous a laissés sur notre faim (Avis)
Presskit
SCORE
6.4
/10

Reanimal est un jeu d’horreur coopératif développé par les créateurs de Little Nightmares 1 et 2. Sur le papier, c’était exactement le genre de jeu qu’on attendait. En pratique, après y avoir joué en coop avec ma femme, le verdict est beaucoup plus mitigé.

Oui, l’atmosphère est réussie et les visuels sont solides, mais l’expérience est constamment plombée par des contrôles frustrants, un bug carrément game-breaking, et une fin très “Netflix” qui laisse plus une impression d’inachevé que de conclusion. À la fin, on s’est surtout demandé si on venait pas de se faire voler notre argent.


Gameplay – 5.5 / 10

Reanimal est pensé entièrement autour du coop, et sur Nintendo Switch tu as plusieurs façons d’y jouer. En local, tu peux faire la coop sur le même écran. Il y a aussi une option GameShare où le host partage sa copie du jeu à l’invité sans que l’autre ait besoin de l’acheter, un peu comme un Friend Pass. Et si tu veux jouer seul, il existe aussi un mode solo avec un deuxième personnage contrôlé par l’IA, même si je ne l’ai pas testé.

Côté gameplay, on est sur quelque chose de très puzzle et aventure linéaire. Tu avances de zone en zone en cherchant simplement par où passer, avec des énigmes généralement simples. Honnêtement, on joue surtout pour l’atmosphère et pour l’histoire, qui est assez dark et touche à des thèmes lourds comme la mort, le meurtre, le suicide et ce que ça laisse comme impact.

Le gros problème, par contre, c’est les contrôles. Sur Switch 2 '' du moins dans notre cas'' c’était vraiment mauvais. Le personnage peut décider de partir dans la mauvaise direction même si tu pousses clairement le joystick de l’autre côté. Les changements de caméra viennent casser ton orientation et te font perdre le contrôle. Par moments, les sauts ne s’enregistrent pas, ou alors une interaction s’active sur le mauvais objet. Bref, le 3C (personnage, caméra, contrôles) n’est vraiment pas maîtrisé, et ça vient ruiner une partie du plaisir.

Et comme si ça ne suffisait pas, on a vécu un bug bloquant au chapitre 6. On active un générateur, tout se passe bien, puis un peu plus loin on prend une porte et on doit descendre une échelle. Je suis tombé par erreur, je suis mort, et on a recommencé dans la salle des machines… sauf que l’interaction à distance ne fonctionnait plus. Impossible de progresser. Même en relançant le jeu et en rechargeant la sauvegarde, ça ne changeait rien.


Visuel – 6 / 10

Côté visuel, Reanimal est franchement une réussite. C’est très beau, très sombre, avec une atmosphère lourde qui embarque instantanément. On démarre dans un océan de nuit noyé dans la brume, et dès les premières minutes, tu sens que le jeu veut te plomber avec son ambiance.

Le style mise sur des formes un peu tordues, des décors inquiétants et un côté conte noir presque malsain, plus proche d’une esthétique “film d’animation lugubre” que d’un rendu réaliste. Par contre, il y a quelques passages où c’est trop confus, surtout dans des zones très sombres comme l’orphelinat : parfois tu distingues mal où aller, ou même ce que tu es censé regarder.

Mais dans l’ensemble, visuellement, c’est solide et vraiment réussi — surtout si tu cherches une ambiance qui te colle à la peau plutôt qu’un réalisme impeccable.

Presskit

Histoire – 6.5 / 10

Pour l’histoire, je sais que ça peut diviser, mais je vais être honnête : nous, ça nous a laissés sur notre faim. Le jeu semble volontairement construit pour que tu interprètes toi-même ce qui se passe, avec des petits indices ici et là, sans jamais tout t’expliquer clairement. Sans trop spoiler, on incarne des enfants, dont un avec un sac de jute sur la tête, et sa sœur. On commence sur une chaloupe, la sœur est inconsciente, elle se réveille, puis il y a un moment étrange où elle tente d’attaquer son frère sans qu’on comprenne pourquoi. Ensuite, on arrive sur une île avec un gros bâtiment qui ressemble à une usine, et on comprend qu’il faut aller retrouver et sauver d’autres enfants qui sont prisonniers là-bas. C’est mystérieux, on ne comprend pas vraiment ce que sont les monstres ni pourquoi ils sont là, et le jeu joue beaucoup sur ce flou.

Le problème, c’est la fin. On s’attendait vraiment à ce que tout s’éclaire, que le jeu confirme au moins une partie des réponses qu’il tease pendant l’aventure. Mais au final, ça ressemble à une fin “à la Netflix” : on te laisse avec une conclusion ouverte, comme si c’était à toi de combler les trous et de décider ce qui est vrai. À la longue, c’est frustrant, parce que tu sens que tu commences à comprendre certaines choses, mais le jeu ne te donne jamais le plaisir de savoir si tu as raison ou non. Et quand tu arrives au générique en te disant “ok… c’est tout ?”, ça laisse une impression d’inachevé.

Presskit

Performance – 7/ 10

Reanimal a été testé sur Nintendo Switch 2 et propose deux options classiques : un mode Qualité et un mode Performance. En GameShare, il faut toutefois savoir que l’écran est automatiquement réduit et entouré de bordures noires à cause du partage, ce qui nuit beaucoup à la lisibilité et à l’immersion, surtout dans un jeu aussi sombre.

En coop local, nous avons surtout joué en mode Qualité. Le jeu tourne généralement autour de 40 FPS, ce qui est correct, mais on a remarqué plusieurs chutes de performance, des stutters et quelques petits freezes, surtout dans les moments plus chargés en action. Le mode Performance aurait probablement offert une expérience plus stable, mais dans l’état, l’optimisation donne l’impression de manquer de finition. Cela dit, on n’a jamais eu l’impression que le jeu allait crasher, ce qui reste un bon point.


Son – 7 / 10

Du côté du son, l’ambiance sonore est très réussie et contribue énormément au côté creepy du jeu. Les bruitages sont excellents et participent bien à la tension, surtout dans les moments plus calmes. Par contre, les sons sont parfois beaucoup plus forts que les voix, ce qui rend certains dialogues difficiles à comprendre. La musique est assez discrète et peu présente, mais elle est bien utilisée et tombe toujours au bon moment. Globalement, le travail sonore soutient très bien l’atmosphère lourde et malsaine de Reanimal.


Pour conclure

Pour conclure, Reanimal est un jeu coop horrifique qui a de bonnes idées et une ambiance vraiment réussie, mais qui se tire dans le pied avec trop de défauts pour qu’on puisse le recommander sans réserve. Visuellement, c’est solide, l’atmosphère est lourde comme on aime, et les premières heures (surtout les actes 1 à 3) donnent l’impression qu’on tient quelque chose de spécial.

Le problème, c’est que tout ça est constamment freiné par des contrôles frustrants, une caméra qui complique la vie, et un gameplay qui devient vite répétitif. Ajoute à ça un bug bloquant au chapitre 6 qui nous a forcés à recommencer une partie en sélectionnant le chapitre, et ça laisse un goût amer surtout pour un jeu qu’on attendait et qu’on a fait en couple.

Côté histoire, le jeu mise beaucoup sur l’interprétation et laisse volontairement des zones floues. Ça peut plaire à certains, mais de notre côté, la fin nous a surtout donné l’impression d’une conclusion “à la Netflix” : tu attends que tout s’éclaire, puis on te laisse avec des morceaux en te disant de fabriquer toi-même le reste. Après environ 4h30, même avec l’idée d’un “true ending”, on n’avait plus vraiment l’envie d’y retourner.

Au final, si tu cherches un jeu coop creepy, un peu weird, assez simple, où tu avances surtout pour l’ambiance plus que pour la profondeur, Reanimal est bien. Si tu espères une expérience vraiment maîtrisée, fluide, et satisfaisante jusqu’au bout, tu risques de décrocher avant le générique.


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Gameplay
5.5
Visuel
6.0
Histoire
6.5
Performance
7.0
Son
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